Le voyage de noces, mon arlésienne à moi

Il y a quasiment six mois l’Homme et moi nous sommes dits OUI sous nos pruniers sauvages, avec la bénédiction des papillons. C’était magnifique, et nos invités nous ont offert la possibilité de prolonger le rêve en partant vers de nouveaux horizons. Oui, qui dit mariage dit voyage de noces, et nous avions bien l’intention de ne pas déroger à la règle.

Puisque j’avais un petit œuf tout neuf qui poussait déjà dans mon ventre, nous savions qu’il nous faudrait éliminer d’office bon nombre de destinations, faute de pouvoir faire des vaccins notamment. Mais qu’importe ! Je nous voyais tellement bien sur une île paradisiaque, sortant de la mer transparente pour retrouver notre cocktail (de fruits) à côté de notre transat… J’aurais remis à plus tard mes envies d’exploration de l’Asie pour savourer le luxe des Maldives en plein hiver. Cela a toujours été un de nos rêves : fuir le froid et partir bronzer loin de tout.

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Oui mais voilà, on a voulu faire beaucoup de choses en même temps l’année dernière. Et nous en sommes très heureux, car les résultats sont au-delà de nos espérances. Mais du coup, forcément, le planning a été chargé. Début septembre, l’Homme s’est lancé à fond dans sa nouvelle activité, pendant que les hormones me faisaient dormir presque autant que le chat. Et cela a payé, puisqu’il a eu ses premières commandes. Fin octobre, je constatais avec bonheur que je rentrais encore dans mes maillots de bain, et, mieux encore, que mes nouvelles formes leur rendaient enfin justice. Puis l’Homme a obtenu son premier gros chantier, qui devait durer un bon mois… Le départ devait donc être retardé d’autant.

Fin novembre, première petite déception : il a fallu arracher l’aveu de ma bouche tremblante que dix heures d’avion ça faisait trop long. J’avais enclenché la vitesse
« second trimestre », avec des pointes à cinq kilos par mois, et tout le monde semblait croire que si j’étais persuadée de ne porter qu’un bébé c’était forcément que l’écho avait loupé son jumeau. Nous sommes allés faire un tour dans une agence de voyage, et on nous a convaincus que les Caraïbes c’est bien aussi. Pour un homme qui aime le rhum, le dépit fut moindre. Pour une femme qui rentre encore dans quelques robes d’été aussi.

Nous avions l’horaire de vol, j’avais commencé la préparation mentale du chat (Tatie va venir tous les jours mon cœur ), mais le chantier n’était pas terminé. La veille de prendre la réservation, il a bien fallu se rendre à l’évidence : ce ne serait pas non plus pour début décembre. Bon. Sachant qu’il était hors de question de partir en période de vacances scolaires (payer plus cher pour déguster son mojito sous les hurlements des gosses, no way)(et puis bientôt on partira comme tout le monde au mois d’août, alors autant profiter avant de devoir piétiner ses principes et les enfouir tout au fond du sac à langer), cela repoussait le voyage au mois de janvier.

En gros, il fallait qu’on se bouge à partir en voyage de noces, même un tout petit, parce qu’à compter du 21 janvier j’allais être blacklistée par toutes les compagnies aériennes, cause troisième trimestre enclenché. J’avais dit adieu à l’océan indien, j’ai dû renoncer aux Caraïbes, rendues également inaccessibles par le nombre d’heures de vol (et mon volume en perpétuelle augmentation), mais je comptais bien m’envoyer un minimum en l’air d’ici là, tant que j’avais encore une vie (je déconne).

Et puis une hormone m’a trahie, la connasse. La relaxine m’a tuer. Hanche bloquée, pas moyen de bouger, j’ai terminé l’année avec une dose d’espoir à peine suffisante pour envisager une nuit au Grau-du-Roi. Même si je me suis rétablie, il a bien fallu admettre l’évidence : la seule activité balnéaire qui me soit physiquement possible est de m’échouer sur mon canapé comme un baleineau cendré, mammifère tout à fait gracieux, au demeurant. Et puis il faut se réjouir que mon homme ait suffisamment de travail au bout de quelques mois d’activité seulement. Je l’applaudis des deux nageoires.

Tout ça pour dire que pendant six mois notre voyage de noces au paradis s’est dérobé, nous a filé entre les doigts, et que ça fout un peu les boules quand même. Mais je ne me plains pas, après tout c’est bien la seule chose qui n’ait pas fonctionné finalement. Enfin, si, je me plains cinq minutes, parce que la météo annonce encore de la neige, et qu’il fait froid, sa mère. Voilà. On se rattrapera plus tard… avec notre jolie petite sirène. On posera nos fesses par terre et notre cocktail sur un château de sable. Quitte à partir à trois, autant qu’elle soit dans nos bras pour admirer le paysage, non ?

Plénitude

Puisque nous sommes à l’heure des bilans, parlons un peu de mes 30 ans. Si vous avez bien suivi, et passé outre mes mensonges, vous savez que c’est pour l’année prochaine. Vous savez aussi que cette date je la redoute. Je n’ai pas envie d’avoir 30 ans. De renoncer à la vingtaine. De penser aux décennies suivantes. Je m’en fais tout un monde.

Enfin, je m’en faisais tout un monde. Récemment, je me suis surprise à attendre cet anniversaire avec impatience. Un revirement de taille. Parce que je sais que rien ne se passera comme je l’avais imaginé.

Je ne pourrai sans doute pas faire la fête, je n’aurai pas envie de me soûler pour oublier mon âge.

Le jour de mes 30 ans, je ne penserai pas au temps qui passe, ce qui finalement conduit à penser à la mort.

Le jour de mes 30 ans, je penserai à la vie.

Le jour de mes 30 ans sera un jour heureux.

Les gens que j’aime me manifesteront leur affection, et ce sera bien.

Mais je ne serai pas vraiment la star de la journée, et c’est bien aussi.

Parce que lorsque je soufflerai les bougies, je m’apprêterai à donner la vie.

Moins d’une dizaine de jours plus tard, je donnerai naissance à notre premier enfant.

Ou peut-être aura-t-il été trop pressé, auquel cas je serai déjà emportée par une vague dont je soupçonne vaguement le sommet, et je ne verrai même pas mes 30 ans passer.

Cette année, j’ai enfilé une robe blanche et épousé l’homme que j’aime.

Cette année, j’ai vu mon nom et ma nouvelle imprimés dans les pages d’un livre.

Cette année, nous avons découvert ensemble sur un écran un petit cœur qui bat fort.

En 2012, tous mes rêves ont été réalisés.

Que me reste-t-il à rêver ?

Que tout continue, juste que cela continue. Ce sera parfait.

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Mariage : les réactions face à l’annonce

Quand j’ai mis en ligne ma recette pour se faire épouser, j’étais loin de me douter que seulement deux jours plus tard mon homme me demanderait en mariage. Je vous jure que c’était un pur hasard, et je trouve ça complètement dingue d’ailleurs. Du coup j’envisage de faire un article qui explique comment gagner au loto, mais j’attends l’avant-veille d’une super cagnotte.

Globalement, quand tu annonces aux gens que tu vas te marier, tu t’attends à un hurlement qui te transperce le tympan, à l’instar de ma copine MarieJo, qui a poussé un cri aigu et spontané tout ce qu’il y a de plus approprié en pareille circonstance. Surtout qu’après 8 ans de vie commune, la surprise est grande pour tout le monde (nous y compris).

Mais parfois, les gens te surprennent. Voici le top 5 des réactions inattendues à l’annonce de notre union :

– Mon filleul : « Ah, c’est cool… » (rien à foutre). Bon, il a dix ans, alors je m’en fous un peu, ce n’est même pas à lui que je m’adressais alors… n’empêche c’est un petit con.

– Ma mère : « Ben, ben, mais pourquoi ? » (air ahuri). À sa décharge, cela fait deux fois que je dis que j’ai une annonce à faire, et donc deux fois qu’elle se voit déjà grand-mère (la première annonce c’était la publication de ma nouvelle). Et j’avoue que sa réaction est légitime, car mon homme a toujours dit qu’il préférait mettre ses attributs masculins dans un étau plutôt que mettre son cou dans le lasso.

« Oh putain… » Mon beau-père a mal compris je crois, il a compris « suicider » au lieu de « marier ». Quoi que pour lui la frontière entre les deux est floue. Ensuite quand il a appris que l’on prévoyait ça en septembre de cette année, il a demandé si on se précipitait à cause d’un « truc en route » (truc = humain miniature généralement appelé bébé). Sur ce, les yeux de ma mère se sont remis à pétiller d’espoir de descendance prochaine. Et merde.

Le silence et un léger bégaiement d’un copine furent comiques. J’ai raccroché assez vite, pour mettre fin à ses souffrances. Elle m’a demandé quelques jours plus tard si elle m’avait félicité, incapable qu’elle était de rassembler ses neurones sous l’effet du choc. Trop mimi.

– Et la palme revient à ma copine adorée,  qui, après le cri d’usage, m’a engueulée. Carrément, ouais : « putain tu pouvais pas me le dire en face au lieu de m’appeler, tu m’aurais vu chialer au moins ! ». Oui, elle a quasiment chialé, wonderwoman. Je considère ça comme le summum de la consécration de notre union. Over-mignon.

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La date est fixée finalement au 25 août prochain. J’oscille entre euphorie et panique totale. Je ne pense qu’au mariage du matin au soir, et le nombre de jours restant pour tout organiser se réduit à une vitesse terrifiante. Mais putain je suis trop contente!!!

Recette pour se faire épouser : le lapin à la moutarde

Il y a un petit moment, j’avais pris quelques photos en pensant vous faire un article cuisine… Et puis je me suis dit qu’au vu de la qualité des blogs cuisine j’allais quand même me taper un peu la honte (au mieux) ou que ça risquait de ne pas vous intéresser (au pire). Et puis je vous ai posé la question, vous avez dit d’accord, alors j’ai envie de dire faudra pas vous plaindre, ok ?

Il se trouve que j’ai refait cette recette vendredi pour l’anniversaire de l’Homme, parce que, je le cite : « ça déchire sa grand-mère, voire même sa race ». Et ne voilà-t-il pas que, suite à l’écoute de ces termes dithyrambiques, mon périmètre crânien s’est mis à enfler significativement. Pas au point de mettre mon intégrité physique en danger, mais néanmoins suffisamment pour vous faire subir une recette de cuisine en images, parsemée de commentaires éclairés. Lorsque mon égo de femme bonne à marier aura repris sa taille normale, à savoir minuscule, je vous présenterai sans doute des excuses, mais qu’importe.

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Il vous faut, dans l’ordre d’apparition à l’écran :

– 4 cuisses de lapin (deux suffisent mais nous sommes des morfales, et puis c’est très bon réchauffé.)

– de la moutarde

– 2 ou 3 échalotes (ou à défaut un oignon, ça passe aussi très bien)

– de la crème fraîche

– une bouteille de vin blanc sec

– une gousse d’ail

– du thym

– éventuellement de la Maïzena

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Les nuits avec mon ennemi

Globalement, mon homme, je l’aime. Comme une folle. C’est mon soleil, mon roc, l’homme de ma vie. Enfin, certains jours plus que d’autres. Pour être plus précise je devrais dire : certaines nuits plus que d’autres. Car, oui, il a beau être charmant, mon prince a un défaut de taille : il ronfle. Oh, c’est très banal me direz-vous… Laissez-moi vous conter l’histoire de mes nuits…

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Certains soirs, lorsque je me couche, l’Homme dort bien silencieusement. Il peut m’arriver de lire pendant une heure sans entendre le moindre bruit sortir de lui. Mais voilà, au moment où mes yeux se ferment, où j’éteins la lumière et commence à glisser vers un sommeil qui aura mis un temps infini à venir, retentit le son honni. Un timing à toute épreuve donc. À cet instant précis, j’ai envie de pleurer.

Certains soirs, je m’endors en paix. Et viens une heure avancée de la nuit où le ronflement devient si fort qu’il m’extirpe des bras de Morphée, qui n’est pas très musclée. Je l’interpelle, il se tait un instant. J’en profite pour refermer les yeux, le concerto reprend. Je l’interpelle à nouveau, plus fort, rien n’y fait. A la quatrième tentative, alors que mon état d’énervement est tel que je suis sûre de ne plus jamais pouvoir me rendormir, l’Homme se réveille et s’énerve. Oui, il se permet un « mais quoi ???!!! » sur un ton passablement irrité. À cette seconde précise, j’ai envie de le frapper.

Certains soirs, nous communiquons. Il dort bruyamment, je lui demande de se mettre sur le côté, ce qui, au fil du temps, est devenu une sorte de stimulus réflexe. (Pavlov peut aller se rhabiller.) Sauf que parfois, j’ai droit au fin du fin en matière de foutage de gueule. Au choix : il hoche la tête mais ne bouge pas, ou il me répond d’une voix hésitante qu’il est déjà sur le côté, alors que manifestement non. Comment vous dire ? À cet instant précis, j’ai envie de le quitter.

Certains matins, l’Homme se plaint d’avoir mal dormi. À cause de moi. Parfois même il pousse l’impudence jusqu’à me signaler que je ronfle et le tire du sommeil au point du jour.  Moi, une princesse comme chacun le sait. Le tout avant que j’ai bu mon café. Oui, globalement je l’aime cet homme. Certains jours plus que d’autres.