Miroir

Il n’y a pas de vie plus grande, il n’y a pas de vue plus belle

Que celle qu’on a d’ici, du haut des lignes que tu écris.

Il n’y a pas de mots plus doux, il n’y a pas de mots plus fous

Que ceux dont tu uses pour dire toi, moi, nous.

Il n’y a pas de joie sincère à te savoir heureux sans moi

Il n’y a pas vraiment matière, il n’y a pas vraiment de droit.

Il n’y a pas vraiment d’obstacle quand je te parle les yeux fermés

Il n’y a pas vraiment de chose à ajouter.

Il n’y a pas vraiment de nous

Il n’y a pas vraiment autre chose

Qui vaille seulement le coup

Que l’on se rêve si l’on ose.

Il n’y a pas vraiment de nous si l’on y pense,

Ni toi ni moi vraiment distincts,

Juste tourner main dans la main,

Deux flammes jumelles qui dansent.

Et peu importe que tu sois loin

Peu importe la distance

Si l’on connecte nos instincts

Je sais de toi ce que tu penses

Tu sais de moi ce qu’il faut savoir

Ni amoureux, ni amis,

Juste l’éternelle bougie

De mon âme miroir.

Lettre au Trésor #02

Cher Trésor,

J’ai bien reçu ton courrier, je te remercie de ne pas m’avoir oubliée. Moi qui croyais t’avoir froissé avec ma précédente missive, ou tout du moins un peu chagriné, je constate avec émotion que j’ai toujours une place dans ton fichier. Cela me touche, je t’assure.

Néanmoins, je ne puis m’empêcher d’être surprise par le contenu de ta lettre, qui, bien que pleine de cette affection un peu bourrue que tu me témoignes depuis toujours et me ravit à chaque fois, m’exhorte de la façon la plus explicite qui soit à réaliser ton fantasme le plus cher et le plus ancien. Tu m’as pourtant habituée à plus de subtilité, et je crains que ton succès d’il y a quelques mois, aussi délicieux qu’imprévu, ne t’ait quelque peu poussé à surestimer tes capacités de séduction et ton pouvoir de prélèvement à l’encontre de mon compte en banque. Mon cher, sache que le plus assidu des soupirants verra son objectif compromis s’il présume de ses chances au moindre signe d’encouragement. Voilà cependant une erreur dont je ne te tiendrai pas rigueur, pour cette fois, dans mon infinie gentillesse et la relative faiblesse qu’on a parfois face à ceux dont on a un jour fait le bonheur.

Mais il reste une question non résolue, qui porte non pas sur la forme de ta lettre mais sur le fond. Aurais-tu, dans la liesse qui a forcément accompagné la lecture de ma précédente missive, omis de la lire jusqu’au bout ? Ou bien, les yeux embués de larmes et le cœur englué d’une joie incommensurable provoquée par la découverte du montant qui s’apprêtait à couronner des années d’efforts et de gestes éconduits, n’as-tu pas saisi la teneur de mon message ? Tu m’en vois surprise, je m’attendais à un peu plus d’attention de ta part.

Tu me demandes donc, plein de l’orgueil dont t’a rempli ta précédente victoire, d’anticiper ce que tu penses être désormais acquis, et donc de m’acquitter d’un tiers de la somme que tu crois naïvement me soutirer chaque année désormais. Innocente créature. Crois-tu sincèrement que j’aurais pris la peine de t’écrire la dernière fois, de ma plus belle plume, pour te conseiller de savourer cette nouvelle magnifique, si ce n’était pas pour t’en priver ensuite ? As-tu vu dans mes propos un défi à peine voilé, une invitation malicieuse à soulever ma jupe alors que seul mon genou en dépassait ? Cela est mal me connaître, mon trésor. Je n’étais guidée que par la bonté et la volonté de t’épargner une déception immense, à la mesure de l’ivresse qui l’aura précédée. Je me suis pourtant montrée claire : tu as vaincu, tu as inscrit une somme que tu n’espérais plus dans ta colonne préférée, je t’ai fait ce cadeau, mais sans te cacher que ce serait le seul avant longtemps.

Non, mon trésor, je n’anticiperai rien car la triste réalité est que cette année sera décevante pour toi, comme tant d’autres. Si ton courrier était une main tendue, un ultimatum lancé avant la rupture de notre relation, je suis au regret de te dire qu’il en sera ainsi. J’ai tout fait pour ménager tes sentiments, et crois-moi rien ne me fera plus plaisir que de recevoir malgré tout de tes nouvelles aux beaux jours, comme chaque année. Si tu ne me détestes pas, tu m’enverras alors ce formulaire pré rempli de ta main rageuse et fébrile du soupirant éconduit. Et je te porterai le coup de grâce, autant que tu le saches, en ajoutant à ton malheur un mariage qui ne va pas arranger tes affaires… Maudis-moi si tu le veux, raye-moi de ta vie si tu le peux. Va, je ne te hais point.

Avec mon plus beau numéro fiscal,

Miss Tournesol


impots

La minute MaSo – leçon n°2

Bonjour Mesdemoiselles. C’est avec une surprise non dissimulée que j’apprends que mes leçons ont été réclamées, alors qu’habituellement, et sans que je comprenne pourquoi, aucune élève ne désire bénéficier de mes lumières une seconde fois. Tout me porte à croire donc que parmi vous se cachent quelques jeunes filles désireuses de devenir de bonnes femmes au foyer, au mépris des comportements déviants que la société moderne et pervertie tente de leur faire adopter.
Mesdemoiselles, je vous félicite.

Pour les nouvelles, je me présente : je m’appelle Marie-Sophie, mais vous pouvez m’appeler MaSo, et je suis ici pour vous apprendre à vous comporter correctement en société, et à tenir votre maison convenablement. Autrement dit si vous suivez mes conseils vous serez bientôt une épouse, une mère, une amie, une voisine et une paroissienne parfaite.

Lors de la première leçon, je vous avais annoncé que cette seconde intervention porterait sur le comportement à adopter au soleil. Ce sera donc l’objet de la leçon du jour. Et quand je dis comportement au soleil, je veux en réalité parler de deux choses : votre attitude lors d’une sortie au bord de l’eau, et le soin que vous devez mettre à vous protéger du soleil. Commençons, si vous le voulez bien, par le second point.

En un mot comme en cent : le soleil est mauvais pour votre peau. Je parle évidemment, dans une moindre mesure, des méfaits sur votre santé qu’une exposition excessive peut entraîner, et qui, de la simple insolation à la maladie plus sérieuse, ont le double désavantage de vous faire paraître sous un jour moins vaillant, et de vous rendre moins efficace dans l’entretien de votre maison et la préparation des repas. Tout ceci vous le savez, et j’ose espérer que vous n’êtes pas concernées par les termes « exposition excessive », et que vous ne faites pas partie de ces jeune inconscientes qui anéantissent leur capital solaire en deux petites semaines de vacances, auquel cas je suis au regret de vous dire que vous n’avez pas le niveau pour suivre mes cours. Quand je dis que le soleil est mauvais pour votre peau, je veux surtout parler en réalité de la préservation de votre teint. Car comment pourriez-vous être présentable en toute circonstance, vous montrer une épouse dévouée et une ouaille attentive aux sermons de son prêtre, si votre visage clamait pour vous le dévergondage le plus violent qui vous anime ? Un visage hâlé est bien plus que vulgaire, sachez-le : il est la marque de la sauvagerie la plus primaire. À l’époque bénie où la place des femmes était bien définie, le teint blanc était la norme, et aucune femme digne de ce nom n’aurait osé arborer un bronzage, même infime. Malheureusement, comme tant d’autres choses, cette règle est tombée en désuétude. Je vous parlais la dernière fois de cette mode infâme des vêtements courts et moulants, sachez que le bronzage est tout aussi indécent. Aussi, il est indispensable de se garder du soleil, et de préserver un teint diaphane, signe de pureté et de distinction.

Repassage

Passons maintenant à la question des sorties au bord de l’eau. Mer, lac ou rivière, la chaleur estivale attire sur leurs berges une foule enthousiaste, dont fait certainement partie votre époux, et à plus forte raison vos enfants, si vous en avez. En tant qu’épouse, et mère, attentive, vous ne pouvez décemment pas les laisser aller passer une journée dehors sans votre présence constante, c’est évident. Vous voilà donc obligée de les accompagner. Il va de soi que la première des choses à faire est de préparer cette sortie de manière à ce qu’ils ne manquent de rien. À vous d’anticiper le linge nécessaire, les jeux et occupations, un repas équilibré et consistant, un goûter et des rafraichissements. Et, bien entendu, vous devez penser à protéger ceux que vous aimez avec des produits adéquats, et vous-même avec un chapeau à larges bords, une ombrelle délicate et des vêtements fluides et couvrants.

Les préparatifs achevés, votre journée au bord de l’eau peut commencer. À votre arrivée sur les lieux, repérez l’emplacement idéal : en partie ombragé pour que votre époux n’ait pas à subir votre désir de fraîcheur si lui préfère rester au soleil, suffisamment près de l’eau pour pouvoir surveiller vos enfants, et avec un voisinage que vous jugerez convenable. Comprenez : une famille telle que la vôtre dont la femme vous semble bien sous tous rapports. Je fais ici une parenthèse qui me semble nécessaire : il va de soi que c’est votre époux qui décide de tout, ne l’oubliez pas ; par conséquent contentez-vous de lui suggérer ledit emplacement et laissez-le trancher. S’il n’a pas à se plaindre de vous, il n’y a aucune raison qu’il n’accepte pas votre idée.

En toute logique, lorsque les sacs sont posés à terre, homme et enfants se mettent à courir vers l’eau pour s’y baigner. Souhaitez-leur de bien s’amuser, et occupez-vous d’arranger votre espace de la journée, afin qu’ils trouvent à leur retour des serviettes propres et des matelas confortables. Vous pouvez à présent vous assoir à l’ombre et vous détendre et surveillant votre famille et l’heure du déjeuner. Ladite heure arrivant, il vous faudra préparer un en-cas, disposer les provisions sur une jolie nappe, et signaler d’un geste discret à votre époux que le repas et prêt. Hormis l’heure du goûter, l’après-midi se passera également assise à surveiller la baignade. Vous pouvez profiter de ce moment pour préparer vos menus pour les semaines à venir, pour lire un manuel domestique, pour faire un peu de broderie, ou même pour entamer une discussion avec la femme au foyer installée à côté de vous. Gageons que si vous l’avez bien choisie, elle pourra sans doute vous parler d’une nouvelle recette de cuisine ou d’une astuce pour détacher le linge !

Voyons, mesdemoiselles, ne croyez-vous pas que je vous entends ? Vous demandez pourquoi je ne parle à aucun moment de se joindre aux baigneurs : je vais vous répondre immédiatement. Une femme au foyer convenable ne se baigne jamais. Premièrement car cela implique une attitude qui n’a rien de distinguée, aussi elle laisse les éclaboussures et les démarches absurdes à ceux qui pataugent. Deuxièmement car cela voudrait dire qu’elle s’expose au soleil, ce dont j’ai déjà discouru. Et enfin car aller nager signifie enfiler une tenue de bain, dont l’indécence est telle qu’elle jetterait aussitôt l’opprobre sur sa famille, et surtout sur son époux, qui, est-il besoin de le préciser, a besoin que sa femme ait une image impeccable en vue d’éventuelles soirées professionnelles où elle pourrait être conviée à l’accompagner, ou dont elle pourrait être l’hôtesse. Un peu de retenue s’impose, même si une eau cristalline et fraîche est hautement tentante lorsque la chaleur se fait étouffante. Vous devez prendre sur vous, après tout le bien-être de votre famille est la seule chose qui vous importe.

Ainsi s’achève votre seconde leçon, j’espère qu’elle vous sera profitable. La prochaine fois j’aborderai un autre aspect de la vie d’une femme au foyer exemplaire : la préparation des repas. Mais je serais ravie de préparer un cours sur un sujet qui suscite chez vous des interrogations, voire des inquiétudes. N’hésitez pas, je suis là pour ça.

Je vous souhaite un dimanche ensoleillé (et un prêche éclairé),

MaSo.

Je précise, s’il en est encore besoin, que tout ceci n’est que le fruit d’une imagination dérangée… à ne pas prendre au premier degré (vous avez remarqué comme j’ai peur de me faire insulter à cause de MaSo??).

Sinon ben avant-hier je me suis fait cramer au soleil, et j’attends avec impatience que la température de la rivière atteigne un chiffre décent, pour m’accrocher à une corde, me balancer et me jeter dans l’eau en criant « Banzaï!!! ». So glamourous.

source photo : Musée d’Orsay – A. Maillol La femme à l’Ombrelle

Lettre au Trésor


impots

Cher Trésor,

J’ai bien reçu ton courrier hier, je te remercie. Tu es d’une constance et d’une fidélité à toute épreuve, cela fait chaud au cœur. Non, ne sois pas modeste : nombreux auraient abandonné après 10 ans de bénéfice nul, voire même de somme à débourser. Mais pas toi. Tu as continué, imperturbable, à m’envoyer ton courrier annuel, qui, tu le sais pourtant, ne te rapportera pas un rond et peut-être même te coûtera un peu plus que le timbre. Ta persévérance t’honore.

J’ai donc le plaisir de t’annoncer que ta rigueur consciencieuse, et, j’ose espérer, affectueuse, va enfin être récompensée. Tout ceci n’aura pas été vain. Cette année sera la consécration de tous tes efforts puisque tu vas recevoir la juste rémunération à laquelle tu as droit. Oui, trésor, tu as bien compris : pour la première fois ce courrier que tu me destines à moi et à aucune autre, ce formulaire que tu prends même la peine, dans ton infinie délicatesse, de remplir à ma place pour me ménager, va te rapporter quelque chose. Et quand je dis quelque chose… crois-moi, tu vas être content. Oui, je vais m’acquitter d’une somme que tu jugeras bon de me communiquer ultérieurement, dans un de tes billets doux aux couleurs délicates. Et tu auras la joie d’entrer un vrai nombre dans la colonne de droite, tu sais ta préférée ? Pas un minable petit zéro, ni même un nombre digne de ce nom qu’un signe moins vient lâchement assassiner, sans lui laisser la moindre chance d’exister dans cette espace vierge, le reléguant dans la colonne maudite, celle de gauche dont on ne prononce pas le nom dans ta maison. Non, cette fois, tu vas pouvoir combiner un magnifique nombre composé de, tiens-toi bien, 4 chiffres. Parole d’honneur. Vas-y, pleure, hurle, laisse libre court à ton émotion : c’est cadeau.

Ta joie retombant quelque peu, je sais bien ce qui te préoccupe, maintenant. Tu te demandes pour quelle raison je t’ai prévenu, au risque de gâcher une surprise, qui aurait été absolument incroyable tellement qu’elle était inattendue. C’est que je voulais que tu savoures la nouvelle. Que tu en saisisses toute la portée, que tu laisses cette douce certitude s’emparer de toi, et croître jour après jour dans ton petit cœur si souvent privé de joie. Je voulais que l’ivresse du travail accompli, le bonheur d’une prière enfin exaucée ait tout le temps de s’installer dans tes pensées et qu’elle illumine tous les jours qu’il te reste à attendre avant un dénouement que tu sais d’ores et déjà heureux. Ça me fait plaisir.

Et puis surtout, je voulais que tu prennes la mesure de l’évènement, que tu t’en délectes tant que tu peux. Car je suis au regret de t’informer qu’il en sera tout autrement l’année prochaine. Tu m’en vois navrée. C’est pourquoi tu dois commencer dès aujourd’hui à profiter de cet état de fait qui ne peut être qu’éphémère. Vois-tu, cet emploi tant chéri par ma mère et par toi, qui te faisait même un pied de nez avec son épargne défiscalisée, le coquin, mais qu’au fond tu aimais quand même, il s’en est allé. Oh, pas de son plein gré, tu t’en doutes bien. Je l’ai répudié. Je sais qu’à cet instant tu me détestes, et pourtant je sais aussi que tu me pardonneras, et que l’année prochaine tu m’enverras un courrier, la mort dans l’âme et la rage au ventre certes, mais tu l’enverras, comme un traité de paix, comme un message de tendresse, malmenée mais intacte. Tu ne failliras pas.

Cher trésor, tu l’auras compris, cette année est la tienne, celle de ton triomphe éclatant, de la récompense de ta charmante fidélité. Profites, si m’en crois, n’attends à demain. Cueilles dès aujourd’hui les bénéfices de tes lettres.

Avec mon plus beau numéro fiscal,

Laurie.

La minute MaSo (ou le délirium du dimanche)

« Bonjour à toutes. Je me présente : je m’appelle Marie-Sophie, mais vous pouvez m’appeler MaSo. Jeunes filles, laissez-moi vous enseigner l’art d’être une bonne femme au foyer. Première leçon, de circonstance : les tenues printanières.

Le soleil est plus haut dans l’azur, l’air se réchauffe, les rosiers bourgeonnent ; pas de doute, l’hiver est bel et bien terminé. Et c’est donc tout naturellement que les invitations à des brunchs dominicaux champêtres se multiplient, puisque, en dame du monde bien élevée, vous avez organisé le premier de la saison. C’est tout aussi naturellement que votre mari et vous-même revêtez des habits plus légers pour la circonstance.

Et là, mesdemoiselles, je ne discourrai pas sur vos tenues modernes, de crainte que mes mots ne dépassent ma pensée. Je vous dirai simplement ceci : la pornographie n’étant pas une mode, j’ai du mal à concevoir en quoi le fait de porter des vêtements si courts et si moulants qu’ils interdisent tout mouvement aussi banal que de s’assoir fait de vous une jeune femme à la page. Une robe fluide qui couvre vos genoux peut, sachez-le, être tout à fait seyante et a le mérite de préserver la distinction dont toute femme de devrait jamais se départir. Si vous avez un doute au moment de vous vêtir, posez-vous cette question : « entrerais-je ainsi dans une église ? ». La réponse doit toujours être oui, sans exception aucune.

tn-1957-1-BM-001

Mais voilà que je m’égare ! Nous en étions aux habits plus légers. Naturellement, vous les avez au préalable sorti des housses dans lesquelles ils ont passé l’hiver, impeccablement pliés et protégés d’éventuels parasites par les répulsifs appropriés, vous les avez aérés, voire même – mais si tel est le cas, vous n’avez pas besoin de mes conseils ! – relavés. Quoi qu’il en soit, même si les étapes ci-dessus n’ont pas été respectées, ce qui me paraît toutefois fort peu probable, nous sommes des gens civilisés, nous en arrivons au but de cette leçon…

Imaginez un instant qu’une invitation à un barbecue vous soit parvenue à la dernière minute, comble du mauvais goût je vous l’accorde, mais les gens d’aujourd’hui ont une fâcheuse tendance à oublier les règles élémentaires de savoir-vivre. Vous vous devez de choisir une tenue adaptée pour vous et votre époux en un temps relativement court. Admettez qu’il est heureux que vous soyez si organisée dans la gestion vestimentaire saisonnière. Néanmoins, il y a une étape que vous n’avez selon toute vraisemblance pas encore validée… Oui, mesdames et mesdemoiselles, je parle de cet objet, tapi dans l’obscurité d’un fond de placard, cette chose honnie mais indispensable à toute ménagère qui se respecte : le fer à repasser.

Le repassage, pour certaines d’entre vous, est la pire des corvées. Mais laissez-moi vous dire une bonne chose : même si vous parvenez à l’éviter durant la période hivernale, prétextant avec une évidente mauvaise foi doublée d’une mauvaise volonté proprement honteuse que cela n’est pas nécessaire, vous ne pouvez vous y soustraire lorsque la température exige de passer à la garde-robe de mi saison. Car laisseriez-vous votre mari, votre compagnon, ou même votre frère se rendre à cette invitation dans une chemisette chiffonnée ? Vous-même, oseriez-vous vous présenter devant vos hôtes affublée d’une robe fraîche et fleurie mais visiblement froissée ? Soyons sérieux, si tel était le cas, à moins de fréquenter de quelconques gorets votre vie sociale serait rapidement réduite à néant.

Vous ne pouvez décemment pas faire l’impasse sur le repassage, vous en conviendrez. Bien entendu, je vous expliquerai dès l’automne pourquoi il est absolument indispensable de tout repasser, même lorsque les températures sont glaciales. Mais pour le moment je me contenterai de mettre l’accent sur le fait que toute tenue légère doit être impeccable. Que va-t-on penser de vous sinon ?

Et puisque vous ne pouvez l’éviter, essayez de prendre plaisir à cette activité ! Nous les femmes parfaites accomplissons nombre de tâches dont nous nous accommodons par nécessité au départ, puis par goût du travail bien fait. Le repassage ne fait pas exception. Il peut être même devenir un moment privilégié s’il est bien abordé. En effet, il vous permet de réfléchir à loisir, à votre liste de courses par exemple, ou au menu de la semaine que vous noterez soigneusement ce soir dans votre carnet, ou encore au prochain dîner que vous organisez. Et si toutes ces questions sont déjà réglées, vous pouvez vous détendre, et officier devant la télévision. Une bonne occasion de regarder la chaîne cuisine et saisir quelques bonnes idées ! Finalement, le repassage, c’est un vrai moment de liberté.

La prochaine leçon, si vous la plébiscitez, portera sur le comportement à adopter au soleil.

Je vous souhaite une belle semaine,

MaSo. »

Ceci est juste un petit délire né dans mon cerveau dérangé ce matin-même, à prendre bien entendu au second, voire au troisième degré. Dans la réalité, les affaires d’été sont en boule dans une housse, je n’avais pas utilisé le fer depuis environ 6 mois, les barbecues se font en short et tongs, et je suis l’exact opposé de la parfaite femme au foyer.

Mais si vous voulez revoir MaSo, y a qu’à demander !