Aux Portes de L’Eternité – Ken Follett

Quatrième de couverture : 1961. Les Allemands de l’Est ferment l’accès à Berlin-Ouest. La tension entre États-Unis et Union soviétique s’exacerbe. Le monde se scinde en deux blocs. Confrontées à toutes les tragédies de la fin du xxe siècle, plusieurs familles – polonaise, russe, allemande, américaine et anglaise – sont emportées dans le tumulte de ces immenses troubles sociaux, politiques et économiques. Chacun de leurs membres devra se battre et participera, à sa manière, à la formidable révolution en marche.

C’était avec impatience que j’attendais ce troisième opus, après avoir dévoré La Chute des Géants et L’Hiver du Monde, que j’ai d’ailleurs relus pour l’occasion. Quand j’ai vu l’épaisseur du pavé, j’ai été transportée : les livres de Ken Follett, même longs, finissent toujours trop tôt. L’attente valait-elle la peine ?

Le contexte de ce troisième volet de la trilogie du Siècle est la guerre froide, ce que laissait entendre la fin du second roman. Mais c’est aussi l’avancée des droits civiques aux Etats-Unis, qui démarre à une époque où les noirs sont considérés comme dénués de droits fondamentaux. C’est une vaste fresque qui s’étend des années 60 à l’aube des années 90. C’est d’ailleurs assez étrange, après avoir suivi le destin de ses familles de toutes nationalités depuis le début du siècle, de se rendre compte qu’on aborde une période que nous avons connue, même enfant. Il m’a fallu un effort pour imaginer les personnages dans des vêtements modernes !

Bon, j’avoue que cette fois j’ai été moins embarquée… En fait je crois que je ne me suis attachée à aucun personnages. Aucun d’entre eux ne m’a saisie, pourtant ils sont plus dans la nuance, à mi-chemin entre leurs bons et leurs mauvais côtés, ce qui devrait les rendre plus identifiables… Mais non, en ce qui me concerne, la sauce n’a pas pris. Dans les deux premiers volets, je les ai suivis avec passion, les situant parfaitement dans la chronologie, là je me disais « ah, tiens, il a déjà cet âge-là… ». Surtout, après avoir suivi des familles totalement différentes et représentatives d’une époque, on se retrouve avec une génération de sénateurs, conseillers du président, star de cinéma, star de la pop mondialement connue… Pas exactement le quotidien des citoyens lambda, donc. Il m’a manqué des protagonistes ordinaires, je ne sais pas.

Par contre, d’un point de vue historique, j’ai trouvé que c’était le meilleur des trois. J’ai appris beaucoup, énormément, et surtout j’ai plongé totalement dans les considérations sociales et politiques de cette Guerre Froide que, finalement, je ne connaissais que trop peu. J’ai réellement frémi à la lecture de la crise de Cuba, j’ai été choquée par les assassinats des frères Kennedy, j’ai trépigné devant la lenteur de la réforme des droits civiques, j’ai ouvert des yeux ronds devant la politique du bloc soviétique, et compris toute la portée du Mur de Berlin. Oui, je me souviens l’avoir vu tomber. J’en ai même touché un morceau devant un musée de Greenwich. Mais je n’avais pas conscience de la portée historique et humaine de ce morceau de béton couvert de graffitis.

Lorsque l’on a lu Black Boy ou La Couleur des Sentiments, on connaît la situation difficile des noirs américains. Mais j’avais l’impression que tout cela était loin. En fait, pas tant que ça. La stabilité mondiale non plus n’est pas si vieille. A l’heure du coup de tonnerre de Brexit, je ne peux que m’interroger sur les conséquences diplomatiques que nous ne mesurons pas encore. Mais je m’égare ! Bref, cette lecture c’est pas mal de prises de conscience pour moi.

Oui, de ce point de vue-là, j’ai réellement adoré ce roman. Moi qui n’ai jamais aimé l’histoire, qui n’y a jamais rien compris de toute manière, j’apprécie tellement ce genre de lecture. Je crois que Ken Follett est définitivement le roi du roman historique, et ces 1200 pages sont une fois de plus un travail d’orfèvre. On tremble moins pour les protagonistes, mais après tout on tremble tout court, alors…

C’est d’ailleurs avec une énorme émotion que j’ai refermé ce livre tard dans la nuit. Une fin forcément marquée par la chute du Mur, dont on saisit toute la portée. Et un épilogue… Les larmes sont montées lorsque j’ai compris ce que je m’apprêtais à lire, et j’ai pleuré avec le personnage. J’ai rarement été autant émue par un final.

Bref, à lire, absolument.

Publicités

Une réflexion sur “Aux Portes de L’Eternité – Ken Follett

  1. Marie Kléber dit :

    Purée mais où tu as trouvé le temps de lire ce pavé!
    Toi quand tu te mets à la lecture, tu me fais pas les choses à moitié.
    J’en ai pas mal entendu parler mais je n’ai encore rien lu de Ken Follett – L’été semble la meilleure saison pour s’y mettre!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s